Relevé de jambes : bassin verrouillé, abdos actifs, lombaires protégées
Le relevé de jambes semble simple, mais il demande du contrôle si l’on veut travailler les abdos sans tirer sur le bas du dos. Le principe est d’élever les jambes, au sol ou suspendu, tout en gardant le tronc stable. Bien exécuté, il renforce la sangle abdominale, améliore le contrôle du bassin et développe le gainage.
Comprendre le relevé de jambes avant de le pratiquer
Le relevé de jambes est un mouvement de flexion de hanche associé à un travail de stabilisation du tronc. On le présente souvent comme un exercice pour le “bas des abdos”, mais cette formule reste réductrice. Le grand droit travaille sur toute sa longueur, tandis que les fléchisseurs de hanche, notamment le psoas-iliaque, participent fortement à l’élévation des jambes.
La différence entre un bon et un mauvais relevé de jambes ne se joue pas seulement sur la hauteur atteinte. Elle se joue surtout sur la capacité à empêcher le bassin de basculer et la colonne lombaire de se creuser. Plus les jambes sont tendues et éloignées du buste, plus le bras de levier augmente, donc plus l’exercice devient exigeant. Le point central reste la stabilité du tronc.
Au sol ou suspendu : deux exercices proches, deux sensations différentes
Le relevé de jambes au sol est généralement le plus accessible. Le dos reste en contact avec le tapis, ce qui donne un repère immédiat : si les lombaires se décollent brutalement, l’exercice devient trop difficile ou mal contrôlé. C’est une bonne version pour apprendre à respirer, à rétroverser légèrement le bassin et à maîtriser la descente sans précipitation.
Le relevé de jambes suspendu, réalisé à une barre de traction ou sur une chaise romaine, demande davantage de force de préhension, de stabilité d’épaules et de contrôle anti-balancement. Il est plus intense, mais il se triche aussi plus facilement si l’on donne de l’élan. Pour la plupart des pratiquants, mieux vaut le considérer comme une progression que comme un point de départ.
Technique correcte : les repères qui changent tout
Pour un relevé de jambes au sol, allongez-vous sur le dos, jambes tendues ou légèrement fléchies selon votre niveau. Placez les bras le long du corps ou les mains sous les fessiers si cela vous aide à stabiliser le bassin. Avant de bouger, contractez les abdominaux comme si vous vouliez rapprocher légèrement le pubis du nombril : cette rétroversion limite la cambrure excessive et prépare le corps au mouvement.
- Inspirez en position de départ, sans relâcher complètement le ventre.
- Montez les jambes lentement jusqu’à une amplitude que vous contrôlez réellement.
- Expirez pendant la montée ou en fin de montée pour renforcer le gainage.
- Redescendez plus lentement que vous n’êtes monté, sans laisser les lombaires se décoller.
- Arrêtez la descente avant le point où le dos commence à se creuser.
La phase de descente est souvent la plus importante. Beaucoup de personnes réussissent à monter les jambes, mais perdent le contrôle au retour. Or le contrôle excentrique, c’est-à-dire la résistance pendant l’abaissement des jambes, fait une grande partie de l’intérêt de l’exercice. Un tempo régulier aide aussi à garder la sensation du bassin stable.
Amplitude : inutile d’aller plus bas que votre gainage
Descendre les talons à quelques centimètres du sol n’a d’intérêt que si le bassin reste stable. Si le bas du dos se cambre, si vous bloquez votre souffle ou si vous sentez une tension dominante dans les lombaires, réduisez l’amplitude. Un relevé de jambes partiel, propre et lent, vaut mieux qu’un mouvement complet réalisé en compensation.
Imaginez le mouvement comme une trajectoire régulière que vous tracez avec vos talons. Si les jambes accélèrent, zigzaguent ou chutent en fin de descente, ce n’est pas un détail esthétique. C’est le signe que le tronc a perdu son rôle de rail. Chercher une trajectoire nette aide à sentir le bon tempo, à repérer le moment exact où le bassin décroche et à choisir une amplitude adaptée.
Respiration et bassin : le duo de sécurité
La respiration ne doit pas être un réflexe oublié. Expirer pendant l’effort aide à engager les abdominaux profonds et à limiter la pression inutile. Vous pouvez inspirer en haut ou au début de la descente, puis expirer lorsque les jambes remontent. L’essentiel est de ne pas bloquer longtemps votre souffle, surtout si vous débutez ou si vous avez tendance à vous crisper.
Muscles sollicités et bénéfices réels
Le relevé de jambes sollicite principalement les muscles abdominaux et les fléchisseurs de hanche. Le grand droit participe au maintien et à l’enroulement du bassin, les obliques contribuent à la stabilité latérale, et les muscles profonds du tronc aident à contrôler la position lombo-pelvienne. Le psoas-iliaque intervient dans la flexion de hanche, surtout lorsque les jambes restent tendues. Le mouvement demande donc du gainage autant que de la force.
| Zone travaillée | Rôle pendant le mouvement |
|---|---|
| Grand droit | Stabilise le tronc et aide à contrôler la bascule du bassin. |
| Obliques | Limitent les rotations parasites et renforcent la stabilité. |
| Psoas-iliaque | Participe à l’élévation des jambes par flexion de hanche. |
| Muscles profonds | Favorisent le gainage et la stabilisation lombo-pelvienne. |
Son principal bénéfice n’est donc pas seulement de solliciter les abdos. C’est un exercice de contrôle moteur : il apprend à bouger les jambes sans laisser le bas du dos subir le mouvement. Cette qualité est utile en musculation, en course, dans les sports de combat, en gymnastique et dans toute activité où le tronc doit rester solide pendant que les membres bougent.
Erreurs fréquentes et signaux d’alerte pour le dos
La première erreur consiste à cambrer fortement le bas du dos pendant la descente. Cela arrive souvent quand la variante est trop difficile, quand les jambes sont trop tendues ou quand l’amplitude est trop grande. Dans ce cas, fléchissez les genoux, réduisez la descente ou revenez à une version plus simple.
- Donner de l’élan : le mouvement devient moins musculaire et plus balistique, surtout en version suspendue.
- Descendre trop vite : vous perdez le contrôle excentrique et augmentez les compensations.
- Tirer avec la nuque : au sol, gardez la tête posée ou le regard neutre.
- Bloquer la respiration : cela augmente la crispation et réduit la qualité du gainage.
- Confondre douleur et effort : une brûlure abdominale est normale, une douleur lombaire nette ne l’est pas.
Bas du dos : quand l’exercice devient problématique
Le relevé de jambes n’est pas mauvais en soi. Il devient problématique lorsque la colonne lombaire compense un manque de gainage ou une variante trop avancée. Les personnes sensibles du bas du dos, en reprise sportive ou sujettes aux douleurs lombaires doivent commencer avec genoux fléchis, amplitude réduite et tempo lent. Si la douleur persiste, il vaut mieux demander l’avis d’un professionnel de santé ou d’un coach qualifié.
Choisir la bonne variante et l’intégrer à sa routine
La meilleure variante est celle que vous pouvez contrôler du début à la fin. Pour un débutant, le relevé de genoux au sol est souvent plus pertinent que les jambes tendues. Pour un niveau intermédiaire, on peut allonger progressivement les jambes ou augmenter le temps de descente. Pour un niveau avancé, le relevé de jambes suspendu ou sur banc incliné ajoute une difficulté intéressante.
| Variante | Niveau conseillé | Intérêt principal |
|---|---|---|
| Genoux fléchis au sol | Débutant | Apprendre le gainage sans surcharge excessive. |
| Jambes tendues au sol | Intermédiaire | Augmenter le bras de levier et le contrôle abdominal. |
| Sur banc incliné | Intermédiaire à avancé | Renforcer l’amplitude et la difficulté. |
| Suspendu à la barre | Avancé | Travailler abdos, stabilité et contrôle anti-balancement. |
Répétitions : viser la qualité avant le volume
Visez d’abord la qualité. Deux à quatre séries de répétitions contrôlées suffisent dans une séance abdos, surtout si la descente est lente. Arrêtez la série dès que le bassin bouge trop, que les lombaires se creusent ou que vous devez accélérer pour terminer. Vous pouvez progresser en ajoutant quelques répétitions, en ralentissant la descente, en tendant davantage les jambes ou en passant à une variante plus exigeante.
Intégrez le relevé de jambes après un exercice de gainage plus stable, comme la planche, ou en fin de séance de musculation. Évitez de le placer trop tôt si votre tronc est déjà fatigué par des mouvements lourds. Bien utilisé, il devient un excellent outil pour renforcer les abdominaux sans multiplier les exercices, à condition de rester fidèle à son principe central : contrôler les jambes avec le tronc, et non subir le mouvement avec le dos.
- Relevé de jambes : bassin verrouillé, abdos actifs, lombaires protégées - 31 juillet 2026
- Noix de cajou calories : 30 g, 100 g et la vraie place dans un régime - 30 juillet 2026
- Protéine dans un œuf : 6 à 8 g selon le calibre, le poids et la cuisson - 30 juillet 2026



